Marie Flore

Booking : aline@agauchedelalune.com

  • Marie Flore - Fancy Me

Biographie

France/Rock

Dissipons d’emblée les doutes : oui, c’est bien en hommage à la chanson éponyme de Joan Baez que les parents de Marie-Flore choisissent son prénom - devenu son nom de scène. Une folkeuse toute désignée, diront certains. Le destin, et surtout la musicienne elle-même (pas du genre à se laisser dicter quoi que ce soit) en décideront autrement.

Née vers la fin des années 80 en banlieue parisienne, Marie-Flore évolue dans un milieu culturellement favorable. Travaillant dans l’administration hospitalière, son père est écrivain à ses heures ; professeur de lettres, sa mère chante dans des chorales. Tous deux se retrouvent autour d’un amour commun pour le folk. Ainsi, Simon & Garfunkel et Leonard Cohen imprègnent de manière définitive la petite fille, qui n’a pas encore l’âge de raison lorsqu’elle réclame d’apprendre l’alto… après voir vu son grand frère jouer du violon ! Pendant huit ans, elle va au Conservatoire, jusqu’à ce que les désirs d’émancipation de l’adolescence se manifestent. « J’ai du mal avec la rigueur de l’enseignement classique », avoue volontiers Marie-Flore, même si ce perfectionnisme se retrouve dans l’arrangement sophistiqué de ses chansons.

Elle apprend donc la guitare en autodidacte. Après le lycée, elle étudie à la fac, enchaîne les petits boulots. Depuis des années, la jeune femme écrivait des textes personnels qu’elle ose alors poser en musique. D’abord en français, puis, tout naturellement, dans la langue avec laquelle elle a grandi musicalement, celle  de Shakespeare : « Beaucoup disent que c’est une facilité, mais j’envisage l’écriture autrement que par une approche simpliste. J’apprends des mots que je ne connaissais pas : je veux trouver les bonnes sonorités mais aussi le bon sens. » En s’attachant au signifié comme au signifiant, Marie-Flore apporte une poétique à des expressions toutes faites qui, soudainement, se chargent d’une autre signification. En témoigne la bien-nommée « By The Dozen », qui donne son nom au premier album de la chanteuse, auquel elle s’est consacrée pendant trois ans. S’étant éloignée du format guitare-voix dans lequel on aurait pu l’enfermer, elle choisit un format résolument pop. Et prend le temps d’expérimenter, les instrumentations comme les paroles. Lectrice exigeante, Marie-Flore admire le talent d’un Stefan Zweig à sonder l’âme des humains. « Quand j’étais plus jeune, se souvient-elle, j’écoutais tous les jours les albums de Leonard Cohen et j’écrivais ce que j’entendais sur un bout de papier, fascinée par la manière désinvolte qu’il a de raconter des histoires. »

By The Dozen retrace les étapes d’un amour voué à une muse masculine. Un amour passé, traduit entre fantasmes, frustrations et espoirs. Or, « chaque chanson appartient à la personne qui l’écoute, » précise Marie-Flore, qui vise l’universalité sans oublier l’exigence. En dix chansons, elle y arrive avec une aisance déconcertante ; maniant les mélodies, les rythmes et sa voix comme peu de jeunes musiciennes peuvent prétendre y arriver. Accompagnée du producteur Robin Leduc, complice de longue date, elle aborde la musique avec spontanéité, affrontant les aléas de la logistique auxquels est forcément confrontée une jeune musicienne évoluant sur la scène indie. Mais sans baisser les bras pour autant.

Car pendant ce temps-là, Marie-Flore voyage et enchaîne les rencontres. Peter Doherty, d’abord, qui lui propose d’assurer la première partie de deux de ses tournées : « Quand j’ai commencé à travailler avec lui, j’étais soumise à des incertitudes. Le voir évoluer sur scène et me retrouver en tourbus m’a ramenée à la réalité. Je me suis posée les bonnes questions : pourquoi j’écris ? Qui ais-je envie d’être ? Quelle musique ais-je envie de défendre? » Les réponses tombent vite. Refusant catégoriquement la posture, la musicienne veut signer des morceaux qui lui ressemblent : réfléchis, audacieux, expressifs. Le groupe Stuck In The Sound ne s’y trompe pas et lui commande des textes pour Poursuit (2012). « C’est galvanisant d’entendre une superbe musique habitée par les mots qu’on a écrit », se réjouit Marie-Flore, manifestement allergique aux problèmes d’ego. Elle rencontre aussi Roger O’Donnell, le claviériste des Cure, avec lequel les échanges artistiques sont prometteurs. Ou l’excentrique américain Gregg Foreman, entre autres guitariste de Cat Power, qui partage avec elle « Feathered With Daggers » sur By The Dozen. Enfin, il y a Maud-Élisa Mandeau alias Le Prince Miiaou, l’une de ses meilleures complices musicales, amie plutôt que rivale.

Enregistré en plein cœur de Paris, dans le studio de Robin Leduc, By The Dozen est un disque véritablement dense. Court, efficace, il convoque la multiplicité des influences de Marie-Flore. La chanteuse a beau confesser une passion dévorante pour The Brian Jonestown Massacre et le Velvet Underground – dont l’influence apparaît clairement dans le vénéneux « All Mine », on n’entend plus qu’elle. De l’ouverture à plusieurs vitesses de « Number Them », où la guitare croise les armes avec le synthé, au final somptueusement orchestral de « Nikolaj Le Second », chaque morceau refuse de ressembler à un autre. Ainsi, on trouve un « Empty Walls » dont le terreau originel, un folk épuré, devient un rock synthétique indéniablement entraînant. Ou « Sybillin King », une ballade dont les cordes émotives n’excluent pas la sensualité. Sur « Fancy Me », on écoute avec délice Marie-Flore chanter un amour qui file à l’anglaise.

Mué par une énergie viscéralement live, By The Dozen révèle la personnalité ambivalente de Marie-Flore. À la fois multi-facettes et radicale : « Faire autre chose que de la musique me semble impossible. C’est viscéral, je ne peux aller contre ça. Je suis fière d’avoir mené ce combat, d’avoir fini l’album comme productrice, et même d’avoir rencontré mon label à la toute fin du processus. » Il suffit d’écouter By The Dozen pour comprendre qu’on a ici affaire à une rockeuse toute en délicatesse, une rockeuse qui n’a pas oublié le sens de la mélodie. Bref, une artiste précieuse.

 

1er Album "By The Dozen" le 09/09 chez Naïve

Discographie

By The Dozen (2014) By The Dozen (2014)
Feathered With Daggers (2013) Feathered With Daggers (2013)
More Than Thirty Seconds If You Please (2009) More Than Thirty Seconds If You Please (2009)

Galerie

Marie Flore (DR)
Marie Flore (DR)
Marie Flore (DR)
© 2015 A Gauche De La Lune - Tous droits réservés | mentions légales
Tous les artistes AGDL